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Nom du blog :
coquelicot2007
Description du blog :
Invitation au voyage dans l'univers magique et secret de Marcel Proust.
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
12.12.2007
Dernière mise à jour :
17.05.2008
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Le narrateur et sa mère

Posté le 20.01.2008 par coquelicot2007
La thématique de la mère profanée apparait dès le début de la Recherche. Dans Du côté de chez Swann, le narrateur enfant, n'ayant pas eu son baiser du soir à cause de la présence de Charles Swann, décide de forcer sa mère à le lui donner. Il va à sa rencontre lorsqu'elle monte se coucher. Elle commence par le repousser avec colère, puis suite à l'intervention du père, elle finit par lui accorder ce qu'il désirait et passe même la nuit dans sa chambre. Cette concession au lieu de procurer une grande satisfaction à Marcel ne lui donne qu'un profond sentiment de culpabilité. Cet évènement a longtemps pesé sur sa vie. Le baiser obtenu semble avoir perdu toute sa vertu apaisante. A partir de ce soir-là, il a perdu la confiance absolue qu'il avait en sa mère puisqu'il l'a découverte faillible.

" J'aurai dû être heureux : je ne l'étais pas. Il me semble que ma mère venait de me faire une première concession qui venait de lui être douloureuse que c'était une première abdication de sa part (...). Il me semblait que si je venais de remporter une victoire c'était contre elle." Du côté de chez Swann

En forçant sa mère à lui donner ce qu'elle lui refusait , Marcel éprouve le sentiment d'avoir détérioré l'amour que sa mère lui porte, voire de l'avoir profané.De même, en installant plus tard Albertine chez lui, il se considère responsable d'une profanation de sa mère pareille à celle que fait subie Mlle Vinteuil à son père. La terrible souffrance qu'éprouve la mère est en tout point comparable à celle du musicien Vinteuil et à celle de la mère de l'héroïne de la Confession d'une jeune fille

Les chrysanthèmes ( Proust et Degas)

Posté le 19.01.2008 par coquelicot2007
Lors d'une première visite à Odette de Crécy, même s'il n'apprécie guère son goût en matière de décoration, Swann ne peut s'empêcher d'apprécier la beauté des chrysanthèmes qui ornent le salon sans pour autant se confondre avec la vulgarité ambiante.

" Il ( Swann ) avait eu plaisir (...) à voir la pénombre de la piéce zébrée de rose, d'orange et de blanc par les rayons odorants de ces astres éphémères (les chrysanthémes) qui s'allument dans les jours gris" Du côté de chez Swann

En s'isolant de la vulgarité, la fleur est devenue apte à transmettre à Odette ses qualités esthétiques, des qualités subjectives, certes, mais capables de lui donner du prestige aux yeux de Swann.

" (...) avec une nuance d'estime pour cette fleur si "chic", pour cette soeur élégante imprévue que la nature lui donnait..." Du côté de chez Swann


Oriane de Guermantes

Posté le 03.01.2008 par coquelicot2007
A la recherche du temps perdu est en quelque sorte un roman initiatique puisque Marcel Proust relate l'histoire d'un enfant amoureux de l'image qu'il se fait d'une duchesse et toutes les démarches qu'il entreprend pour la connaitre. Au delà de sa personne physique, Oriane de Guermantes est un symbole. Par son nom elle appartient à une famille prestigieuse qui elle-même appartient au passé puisqu'elle puise ses origines dans l'histoire de la France. Pour le jeune Marcel, Oriane est un personnage fabuleux qui a des ancêtres hors du commun, des ancêtres qui peuplent les légendes et habitent le vitrail des églises. Son nom évoque pour lui les temps mérovingiens. A partir du nom Guermantes, le narrateur Marcel va élaborer une théorie onomastique où il accorde d'avantage d'intérêt à la sensibilité et à la rêverie qu'à l'étymologie et à la logique. La duchesse qui porte le nom riche en sonorités musicales et dont émane une lumière orangée est associée à un paysage. Sa seule présence rehausse la beauté des endroits qu'elle fréquente et leur confère un mystère et un attrait qu'ils ne possédent pas. Ainsi, l'enfant va cristalliser son amour sur une femme dont le nom évoque la France féodale et dont la généalogie fait un personnage non pas contemporain mais appartenant à des siècles révolus et vivant dans un monde féerique.

Dans l'esprit du jeune narrateur Orianne de Guermantes n'est pas une femme mais une fée. Quand il la voit pour la première fois il découvre qu'elle a des traits de ressemblance avec certaines femmes de Combray. Malgré sa désillusion face à la réalité de la duchesse, il est déterminé plus que jamais à la connaitre. Il devient un mondain et noue des relations avec les Guermantes dans l'espoir d'être présenté à Oriane qui exerce son attrait sur le faubourg Saint-Germain et qui jouit d'une situation mondaine enviable. Femme du monde, elle a un des plus grands salons de Paris.

Cependant la duchesse n'est pas exempte de défauts. Elle est aimable avec les humbles mais aussi capable de cruauté et de sécheresse d'âme.

La politique va jouer un grand rôle dans le déclin de son salon et d'elle même. L'affaire Dreyfus et la première guerre mondiale vont diviser la société et permettre l'avénement d'autres valeurs et d'une autre société où les bourgeois occupent le devant de la scène politique et font partie du gratin du faubourg Saint-Germain jadis réservé à la noblesse de souche ancienne. Le narrateur ne reconnaitra plus la duchesse de ses rêves.
Déclassée, elle devient acariatre et vieillie. Il dira pudiquement d'elle qu'elle n'a plus vingt-cinq ans. Ainsi, Oriane, personnage de légende va connaitre la médiocrité .

Le personnage lecteur dans A la recherche du temps perdu

Posté le 02.01.2008 par coquelicot2007
Dans le Temps retrouvé, quand le narrateur a enfin découvert sa vocation d'écrivain, tout ce qu'il a lu auparavant et tout ce qu'il a écrit est comme estompé au profit de ses expériences sensibles. Marcel Proust a effacé de son oeuvre toutes ses expériences et tentatives d'écriture antérieures et il a crée une autobiographie fictive celle d'un écrivain : Marcel et celle d'une écriture qui s'est imposée de façon imprévisible à la manière d'une illumination. Dans cette autobiographie la littérature n'a pas joué un rôle aussi important que dans d'autres biographies d'écrivains. En effet, les tentatives d'écriture du narrateur n'aboutissent pas à l'exception d'un essai sur les clochers de Martinville publié dans le Figaro . Certaines allusions furtives nous apprennent qu'il a publié une traduction de La Bible d'Amiens de Ruskin. Quant aux lectures initiatrices, elles peuvent se réduire aux lectures d'enfance.

La question de la représentation du livre et de la lecture se pose de façon particulière car Marcel Proust fait une distinction entre la littérature d'une part et la lecture et le concept de livre d'une autre part car c'est le rapport au livre qui distingue le futur écrivain.

La plupart des personnages de la Recherche sont de grands lecteurs. Marcel, le narrateur, est un grand admirateur des romans champêtres de Georges Sand, des livres de Bergotte ou des Mille et une nuit. Charles Swann est fervent lecteur de Saint-Simon et le baron de Charlus de Balzac. La mère du narrateur a hérité de la grand-mère le goût pour les Lettres de Mme de Sévigné.

La lecture tisse entre le lecteur et les livres des liens de parenté intellectuelle. Swann et Charlus lissent Saint-Simon et Balzac. Aprés la mort du baron, Swann devient le seul personnage de la Recherche à lire les Mémoires de Saint-Simon.
Bloch et Robert de Saint-Loup qui ont des personnalités différentes ont le même penchant pour la littérature contemporaine. Il y a comme une sorte de contagion de la lecture. Certains personnages comme Morel et Albertine sont amenés à faire les mêmes lectures que leurs amants respectifs : le baron de Charlus et le narrateur. Gilberte avoue à Marcel qu'elle lit La fille aux yeux d'or de Balzac pour faire bonne impression chez les Guermantes.

De même le Temps retrouvé il y a des allusions à certains livres tels que La cousine bette et Le curé de Tours de Balzac. Dans l'article des Goncourt il y a référence aux Mille et une nuit, livre qui est trés prisé par le narrateur. Il représente pour lui la force de l'imaginaire oriental
.

Le baron de Charlus : le grand seigneur inverti

Posté le 29.12.2007 par coquelicot2007
Chez Proust la nature est une "puissance cruelle" qui exerce une forme de cruauté morale sur l'homme. Dans Sodome et Gomorrhe, l'auteur évoque le problème de l'homosexualité. Certains personnages vivent un combat dans leur âme. Le baron de Charlus vit trés mal sa dualité, il est à la fois homme et femme. La découverte de sa bisexualité lui inflige une souffrance morale épouvantable puisqu'il est obligé de vivre une double vie. D'un côté sa position sociale l'oblige à cacher son vice, d'un autre côté son inversion le force à fréquenter des lieux insalubres et des personnes louches et douteuses. Quand le narrateur évoque l'homosexualité du baron il en parle comme d'une tare héréditaire et à partir de ce moment il nous décrit le baron comme un homme prisonnier de son corps dégradé et déchu alors qu'à Balbec, trois ans auparavant, quand Marcel ne soupçonnait pas cette sexualité déviante du baron, il ne cachait pas son admiration pour cet homme élégant et beau.

Charlus comme tout autre homosexuel souffre du rejet social. Sa souffrance ne pourrait exister s'il n'était l'objet d'une mise à l'index. Proust ne manque pas de souligner l'ostracisme que fait subir la société à l'inverti. Elle condamne sans rémission l'anormalité des invertis.

A l'instar de certains psychologues, Marcel Proust pense que tout être est hermaphrodite c'est-à-dire qu'en lui se trouvent réunies les caractéristiques des deux sexes. Cependant
cet hermaphrodisme est poussé à l'extrême chez les invertis à tel point qu'ils en deviennent fous comme Charlus. Sa folie est soulignée par Oriane de Guermantes puis par le narrateur ensuite. Le baron manifeste des symptômes bizarres. Ses yeux "d'une extrême avidité" sont dilatés "par l'attention" jetant des regards d'une "exagération excessive comme une meurtrière". Ils trahissent l'énergie emprisonnée "d'un engin intérieur(...) à l'état d'équilibre instable et toujours sur le point d'éclater" A l'ombre des jeunes filles en fleurs. Ses gestes comme ses paroles trahissent cette instabilité. Il présente les signes d'une inquiétante étrangeté. Sa voix est un "duo alterné d'un jeune homme et d'une femme". Conscient de sa féminité, Charlus la dissimule ou l'exhibe à outrance. Mélange de virilité et de féminité, le baron est un être composite chez qui une transformation s'opère constamment. Il fait partie de ce Proust appelle la "race maudite" chez qui la femme est "hideusement visible".

C'est avec beaucoup de curiosité que Marcel Proust s'est penché sur le cas des invertis qui , d'aprés lui, souffrent d'une maladie inguérissable à son origine un dédoublement de la personnalité. Contrairement à la croyance habituelle qui considère l'homosexualité comme un vice qui n'a de répercussions que sur la vie affective de l'individu, Proust, par contre, y voit une tare congénitale que rien ne peut modifier. Pour lui, il s'agit d'une maladie aussi bien biologique que psychique qui exerce une terrible influence sur celui qui en souffre et laisse chez lui des traces indélébiles.

L'anormalité des homosexuels vient du fait que la nature leur a donné une double personnalité. A l'intérieur d'une même personne deux natures s'opposent: l'une fémimine, l'autre masculine. Physiquement ils se trouvent dans une situation tragique puisqu'ils ont un corps masculin avec toutes les conformations physiologiques mais toutefois ils présentent certaines particularités féminines. C'est pour cette raison que Proust les désignent sous le nom d'"hommes-femmes".

Du point de vue social, les invertis vivent également une situation dramatique. Ils ont l'apparence des hommes et occupent dans la sociétéle rôle réservé à ce sexe. Mais à côté de tous les éléments masculins de leur aspect physique se trouvent des éléments féminins très visibles. L'inverti n'est ni homme ni femme mais un mélange des deux. Pourtant cette ambivalence n'est pas visisble à l'oeil nu car l'inverti, conscient de sa tare, prend soin de camoufler le dédoublement de sa personnalité et ne le laisse apparaître que lorsqu'il est seul et que personne ne le regarde. Dans Sodome et Gommorhe, Proust raconte comment le narrateur en est venu à découvrir la véritable nature du baron de Charlus.

" A ce moment où il ne se croyait regardé par personne(...) M. de Charlus avait relâché dans son visage, cette tension (...) qu'entretenait chez lui (...) la force de la volonté (...) ce à quoi me faisait penser cet homme (...) qui se piquait si fort de virilité(...) c'était à une femme."

Marcel aura par la suite l'occasion de retrouver des traits féminins dans la personnalité de M.de Charlus. Celui-ci conscient de ses tendances féminines, mettait tout en oeuvre pour les cacher sous un aspect de violence, de cruauté et de brutalité. pour se protéger d'une société hostile, il se recouvre d'un masque trompeur. Il vit de duplicité et d'hypocrisie. En société, il prend une attitude opposée à sa nature afin de se faire accepter. Il affiche ses tendances masculines avec violence. Pour ceux qui ne connaissent pas sa véritable nature, il passe pour un homme dur, violent et même cruel mais au fond c'est un être bon et d'une grande sensibilité qui souffre d'une grande solitude intérieure.

A travers l'exemple du baron de Charlus, Proust montre le destin tragique de tous les invertis auxquels la nature impose la pire des souffrances morales puisqu'ils vivent mal leur ambivalence sexuelle. Ils ne sont ni hommes ni femmes mais les deux à la fois
.

La réminiscence

Posté le 27.12.2007 par coquelicot2007
A la recherche du temps perdu repose sur le phénomène de la mémoire. Elle peut être résumée ainsi : le narrateur se souvient et il écrit. Dans son oeuvre Marcel Proust distingue entre la mémoire et la mémoire involontaire. C'est cette dernière qui permet de voir le monde autrement qu'au travers de la perception courante. C'est aussi elle qui peut restituer avec coloration des moments surgis de l'oubli. A ce propos, l'auteur affirme dans A l'ombre des jeunes filles en fleurs :

Le procédé de la mémoire involontaire n'est pas nouveau puisqu'il a déjà été employé chez Chateaubriand et Nerval. Dans A la recherche du temps perdu, il apparait pour la première fois dans Du côté de chez Swann , lors de l'épisode de la madeine. Du point de vue chronologiquecet épisode est postérieur aux faits qui suivent mais l'auteur choisit de le placer dès l'ouverture de son oeuvre car c'est cette séquence qui déclenche tout le récit de Combray. Un soir contrairement à son habitude, le narrateur trempe une madeleine dans son thé. A ce moment là un phénomène étrange se produit. Les souvenirs de son enfance affluent. Il identifie le goût de la madeleine à celui de celle que lui tendait jadis sa tante Léonie. Dès lors et tout au long des volumes qui suivent, la dynamique du souvenir permet de restituer des pans entiers du passé. Dans Le temps retrouvé, c'est un autre phénomène de la mémoire involontaire en l'occurrence la chute sur les pavés inégaux dans la cour des Guermantes qui provoque la décision finale du narrateur de se mettre au travail. Ainsi, c'est la mémoire involontaire qui permet de revivre les expériences révolues et les sauve du néant.

les artistes imaginaires dans l'univers de la Recherche

Posté le 19.12.2007 par coquelicot2007
Marcel Proust a crée de nombreux artistes comme Elstir. Vinteuil et Bergotte dans le seul but de développer des théories sur la peinture,la musique et la littérature. Dans Du coté de chez Swann il parle de la vocation naissante du narrateur pour l'écriture et il annalyse l'acte de créer dans A l'ombre des jeunes filles en fleurs.

" Au moment ou j'entrai le créateur était en train d'achever, avec le pinceau
qu'il tenait dans sa main, la forme du soleil à son couchant..."

La peinture, selon Marcel Proust, "dévoile" la réalité subjective. La musique, comme celle de Vinteuil, provoque certaines réminiscences et fait émerger le souvenir dans une conscience. Dans la Recherche la musique joue le meme rôle que la madeleine. En parlant de littérature, Marcel Proust a ardemment désiré batir son oeuvre comme "une cathédrale". Une oeuvre qui sera colossale et où différents sujets seront traités.

Dans ses oeuvres de jeunesse Proust a fait des tentatives pour esquisser une théorie esthétiques. Néanmoins, cette théorie ne sera développée que dans le Temps Retrouvé.
Proust a parlé du temps, des impressions éprouvées devant chaque objet et dans des lieux différents. Pour qu'il y ait art, selon lui, il faut que la réalité racontée soit réfractée par la subjectivité de l'artiste.

l'esthétique proustienne fait de l'artiste le centre de l'oeuvre; et on ne peut en aucun cas opérer une séparation entre sa personnalité artistique et sa personnalité ordinaire. Ainsi, Elstir, Vinteuil ou Bergotte ont deux vies et deux aspects. Dans l'intimité ils sont des hommes ordinaires et vulgaires, alors que dans leurs oeuvres on ne retrouve que la meilleure partie d'eux.

le véritable artiste, selon Proust, est celui qui peut faire une oeuvre qui traduit sa sensibilité et sa vision du monde. L'artiste doit s'intéresser avant tout au côté esthétique
de son oeuvre.

Dans son Introduction à la lecture de Proust, Léon Guichard écrit : " Chaque artiste original- et ce sont les seuls qui comptent - doit etre considéré comme l'habitant et le révélateur d'un monde unique, d'un domaine- de l'esprit, des couleurs, des formes ou des sons - qui lui est propre, qu'il a peut etre connu dans une mystérieuse "vie antérieure"

L'immortalisation par l'art

Posté le 18.12.2007 par coquelicot2007
La littérature tout comme l'art a un role conservateur.C'est l'oeuvre qui garantit l'immortalité à son créateur.L'artiste échappe à la mort grace à ses oeuvres. Moliére, Shakespeare ou Proust vivent toujours dans le coeur de leurs lecteurs. Seule leur partie matérielle est vouée à la mort. Dans Pastiches et mélanges, Marcel Proust dit que l'artiste est " un homme pour qui il n y a pas de mort, pour qui il n y a pas d'infini matériel, pas d'oubli, un homme qui, jetant loin de lui ce néant qui nous opprime, va à des buts qui dominent sa vie".

Créer c'est vaincre la mort. Toute oeuvre créée permet l'immortalisation. Elle perpétue le souvenir de son créateur, le ressuscite et lui donne accès à une seconde vie.

Une oeuvre ne peut etre enfantée que dans la douleur et la solitude, mais c'est cette meme oeuvre qui va conserver la partie la plus sublime de son créateur. Et comme dit le narrateur dans Du coté de chez Swann :

" J'avais à penser à ma propre mort ou à une survie comme celle que Bergotte promettait aux hommes dans ses livres, dans laquelle je ne pourrais emporter mes souvenirs, mes défauts, mon caractère, qui ne se résignaient pas à l'idée de ne plus être et ne voulaient pour moi ni du néant, ni d'une éternité ou ils ne seraient plus"

Proust et l'art

Posté le 18.12.2007 par coquelicot2007
La mission d'un écrivain ou d'un artiste est de montrer l'homme tel qu'il est et non tel qu'il doit etre. Proust a fait de sa vie la matiére de son oeuvre non par égocentrisme mais pour montrer que chaque expérience personnelle peut etre enrichissante pour les autres. Chaque roman, chaque livre est le témoignage d'une façon de vivre et de réagir face aux problémes. La fonction premiére de l'art est de témoigner. Chaque écrivain peut apporter son témoignage sur les événements historiques qui ont marqué son époque, sur les changements subis par la société. Cependant, pour Marcel Proust, le meilleur témoignage est celui qui décrit les transformations que subissent les pensées et les corps car ils sont les réservoirs du temps. Ainsi, il nous retrace tout au long de son oeuvre l'itinéraire du narrateur qui tente désespérement de retrouver le temps perdu

les différentes fonctions de l'art

Posté le 18.12.2007 par coquelicot2007
L'art, selon l'auteur de la Recherche, n'est pas un ornement. Il permet avant tout de transcender la réalité. Il est une "religion" et une philosophie. La fonction de l'art est de refléter les angoisses de l'homme et en meme temps le guider dans sa recherche de l'essence des choses et du sens de la vie.

l'art,par les moyens qu'il offre,permet de retrouver les souvenirs lointains et d'arreter le temps.

"J'avais seulement dans sa simplicité premiére le sentiment de
l'existence comme peut frémir au fond d'un animal; j'étais plus
dénué que l'homme des cavernes"

Si l'oeuvre d'art, permet de retrouver le "vert paradis des amours enfantines" , elle permet en outre l'exploitation de l'inconscient. L'homme se réalise à travert ce qu'il a créé; mais aussi peut se purifier grace à l'art. Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau et la Recherche de Marcel Proust aussi sont une tentative de se laver des impuretés. C 'est pour cette raison que Proust assimile l'art à la religion.

l'art a aussi une fonction de conservation. Il garde jalousement les impressions de l'artiste et son"moi" profond. Enfin, il permet à l 'artiste de communiquer avec son éventuel spectateur , auditeur ou lecteur.
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