Citation du jour
Posté le 18.03.2008 par coquelicot2007
" On a dit que le silence était une force; dans tout un autre sens, il en est une terrible à la disposition de ceux qui sont aimés. Elle accroît l'anxiété de qui attend. Rien n'invite tant à se rapprocher d'un être que ce qui en sépare, et quelle plus infranchissable barrière que le silence? On a dit aussi que le silence était un supplice, et capable de rendre fou celui qui y était astreint dans les prisons. Mais quel supplice - plus grand que de garder le silence - de l'endurer de ce qu'on aime! Robert se disait :"Que fait-elle donc pour qu'elle se taise ainsi? Sans doute, elle me trompe avec d'autres?" Il se disait encore : qu'ai-je donc fait pour qu'elle se taise ainsi? Elle me hait peut-être, et pour toujours." Et il s'accusait. Ainsi le silence le rendait fou, en effet, par la jalousie et par le remords. D'ailleurs, plus cruel que celui des prisons, ce silence-là est prison lui-même. Une clôture immatérielle, sans doute, mais impénétrable, cette tranche interposée d'atmosphère vide, mais que les rayons visuels de l'abandonné ne peuvent traverser. Est-il un plus terrible éclairage que le silence, qui ne nous montre pas une absente, mais mille, et chacune se livrant à quelque autre trahison? Parfois, dans une brusque détente, ce silence, Robert croyait qu'il allait cesser à l'instant, que la lettre attendue allait venir. Il la voyait, elle arrivait, il épiait chaque bruit, il était déjà désaltéré, il murmurait :"La lettre! La lettre!" Après avoir entrevu ainsi une oasis imaginaire de tendresse, il se retrouvait piétinant dans le désert réel du silence sans fin." le côté de Guermantes.
Posté le 19.03.2008 par coquelicot2007
" C'est dans la maladie que nous nous rendons compte que nous ne vivons pas seuls, mais enchaînés à un être d'un règne différent, dont des abîmes nous séparent, qui ne nous connaît pas et duquel il est impossible de nous faire comprendre : notre corps." Le côté de Guermantes
Posté le 20.03.2008 par coquelicot2007
" Nous sommes des sculpteurs. Nous voulons obtenir d'une femme une statue entièrement différente de celle qu'elle nous a présentée." La prisonnière
Posté le 21.03.2008 par coquelicot2007
" Car les modes changent, étant nées elles-mêmes du besoin de changement." A l'ombre des jeunes filles en fleurs
Posté le 22.03.2008 par coquelicot2007
" Raconter les événements, c'est faire connaître l'opéra par le livret seulement; mais si j'écrivais un roman je tâcherais de différencier les musiques successives des jours." Marcel Proust , Chroniques
Posté le 23.03.2008 par coquelicot2007
Rose " Souvenir de Marcel Proust"
" Au haut des branches pullullaient mille petits boutons d'une teinte encore plus pâle qui, en s'entrouvrant laissaient voir, comme au fond d'une coupe de marbre rose, de rouges sanguines et trahissaient plus encore que les fleurs, l'essence particulière, irrésistible de l'épine, qui partout où elle bourgeonnait, où elle allait fleurir, ne le pouvait qu'en rose" Marcel Proust
Posté le 27.03.2008 par coquelicot2007
" Si notre vie est vagabonde, notre mémoire est sédentaire et nous avons beau nous élancer sans trêve, nos souvenirs, rivés aux lieux dont nous nous détachons, continuent à y combiner leur vie casanière." Marcel Proust
Posté le 25.03.2008 par coquelicot2007
"Notre vie est divisée, et comme distribuée dans une balance, en deux plateaux opposés où elle tient tout entière. Dans l'un, il y a notre désir de ne pas déplaire, de ne pas paraître trop humble à l'être que nous aimons sans parvenir à le comprendre, mais que nous trouvons plus habile de laisser un peu de côté pour qu'il n'ait pas ce sentiment de se croire indispensable, qui le détournerait de nous; de l'autre côté il y a une souffrance - non pas une souffrance localisée et partielle - qui ne pourrait au contraire être apaisée que si, renonçant au plaisir de plaire à cette femme et à lui faire croire que nous pouvons nous passer d'elle, nous allions la retrouver. Qu'on retire du plateau où est la fierté une petite quantité de volonté qu'on a eu la faiblesse de laisser s'user avec l'âge, qu'on ajoute dans le plateau où est le chagrin une souffrance physique acquise et à qui on a permis de s'aggraver, et au lieu de la solution courageuse qui l'aurait emporté à vingt ans, c'est l'autre, devenue trop lourde et sans assez de contre-poids, qui nous abaisse à cinquante." A l'ombre des jeunes filles en fleurs
Posté le 26.03.2008 par coquelicot2007
" Nous sommes obligés de revivre notre souffrance particulière avec le courage du médecin qui recommence sur lui-même la dangereuse piqûre." le temps retrouvé
Posté le 28.03.2008 par coquelicot2007
" La jeunesse est cet heureux temps où l'on devrait plutôt dire qu'on ne doute de rien plutôt que de dire qu'on n'y doute pas de soi." Jean Santeuil
Ce
blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus